Et voila le troidième!Après Harry Potter à l'ecole des sorciers(2001) et Harry Potter et la chambre des secrets (2002) qui ont récolté près de deux milliards de dollars de recettes dans le monde, voici Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, lancé il y a deux jours au Royaume-Uni, aujourd'hui en France et vendredi prochain aux États-Unis. Une sortie massive qui fait du film un événement mondial et réduit les risques de piraterie qui n'épargne pas ce genre de superproduction. Chris Columbus, toujours producteur de la série, a passé, cette fois, la baguette magique à Alfonso Cuaron pour la réalisation.
«J'ai travaillé pendant deux ans, 24 heures sur 24, sur les deux premiers opus, confie Columbus. J'avais envie de souffler un peu et de consacrer plus de temps à mes enfants qui sont restés aux États-Unis. Mais je rêve de reprendre le flambeau, un jour ou l'autre !» Le cinéaste mexicain, auteur de Y tu Mama tambien, n'a pas eu peur de relever le défi et de se frotter à la grande saga de J. K. Rowling. «C'est impossible d'échapper au phénomène Harry Potter, mais j'avoue que je n'avais jamais lu une ligne de Rowling, confie Alfonso Cuaron. Je me suis plongé dans son oeuvre avec émerveillement. Je l'ai rencontré très tôt et elle m'a encouragé à ne pas faire une adaptation littérale, tout en restant fidèle à l'esprit du livre.»
Aucun point de discorde ? «Je suis désolé de vous décevoir, elle a été une collaboratrice très respectueuse de mon travail, dit-il dans un sourire. Toujours ouverte à mes idées. Elle mettait simplement un bémol lorsque j'inventais une situation qui pouvait aller à l'encontre de ce qui se déroulera par la suite, dans les prochains romans, le sixième et le septième.»
L'univers de ce nouvel épisode est plus sombre et gothique, peuplé de créatures fantastiques telles que l'hyppogriffe, et maléfiques comme les Détraqueurs, spectres qui aspirent votre âme. Harry (Daniel Radcliffe) a brisé la règle numéro 1, en utilisant ses pouvoirs magiques sur l'affreuse tante Marge. Au lieu d'être puni par le ministre de la Magie, il est envoyé à Poudlard afin de poursuivre sa troisième année d'études avec ses inséparables complices, Hermione (Emma Watson) et Ron (Rupert Grint). Là, le danger le guette sous la forme de Sirius Black (Gary Oldman) qui s'est échappé de la prison d'Azkaban pour le tuer...
Alfonso Cuaron a réussi à imposer son style, dans un cadre déjà préexistant. «Pourtant, je ne me suis jamais senti aussi libre !», s'exclame-t-il. Il a demandé à Daniel Radcliffe de visionner Les Quatre Cents Coups afin de s'en inspirer. «Harry est devenu un adolescent rebelle, explique Cuaron. Et le film de Truffaut montre bien cette révolte et le passage de l'enfance à l'adolescence.» A Londres, Daniel Radcliffe du haut de son mètre soixante-dix et de ses quatorze ans a prédit un sombre avenir à Harry Potter. Un coup de tonnerre sous la voûte peinte par Rubens du Whitehall Palace où se déroulait la conférence de presse «mondiale». «La seule façon de tuer Voldemort serait de faire également mourir Harry dit-il. Je vais être impopulaire en disant cela à propos de Harry, mais j'ai toujours eu la sensation, avec tout ce qui lui arrive, qu'il allait mourir.» J. K. Rowling avait avancé dans le passé que Harry pourrait ne pas survivre. «Vous devrez attendre pour voir s'il survit on non à l'âge adulte», confiait-elle.